Home > PIKLIZ ARCHIVES > DISCOVER, MIAMI. > 2014 DISCOVER MIAMI > Célébration des 27 ans de la Constitution.

Célébration des 27 ans de la Constitution.

Photos by Emmanuel Ardouin.

L’application de la Constitution de 1987 est-elle encore possible en Haïti ?

Published on March 2, 2014 in Home Page


Haiti_Constitution Haiti_Constitution

À l’occasion de la célébration des 27 ans de l’existence de la Constitution de 1987, nous nous proposons d’analyser avec vous une idée, claire en apparence, mais qui se prête aux plus dangereux malentendus. Nous ne prétendons pas remettre en question ni les constituants ni la Constitution elle-même et les stratégies d’acception qui les engendre à la vie de la population haïtienne. Parce que les femmes et les hommes de l’époque n’ont fait qu’utiliser les moyens qui étaient à leur disposition à cette période donnée de l’histoire. Nous voulions juste faire certains rappels à nos compatriotes qui, à l’heure actuelle, déraisonnent, délirent et oublient l’existence de la Constitution de 1987. De 1801 à 1987, les dirigeants politiques haïtiens ont produit vingt-trois (23) Constitutions. Celle de 1987 est la dernière réalisée et retrouvée dans nos archives en cette fin de siècle.

La nation haïtienne, son passé et ses dérives

Dans une conférence donnée à la Sorbonne le 11 mars 1882 sur le thème « Qu’est-ce qu’une nation ? », le philologue Ernest Renan formule l’idée qu’une nation repose sur un réel passé commun et sur une volonté d’association : ce qui la constitue, ce n’est pas parler la même langue, ni appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est “avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore” dans l’avenir. Ainsi, après 300 ans de fracas, de violence et de cruauté pendant autant de temps et aussi profonde du système esclavagiste, les Noirs venant d’Afrique décident de remettre en question ce système et donnent naissance à une nouvelle nation le 1er janvier 1804.

Cette nation, depuis son existence à nos jours, autant d’histoires vieilles, bonnes et moins bonnes ont marqué la vie de ses concitoyens. Le pays était en état d’insurrection quasi-permanente, l’invasion de l’île par les troupes du président Wilson de 1915 à 1934. Après le départ des Américains, l’instabilité politique (entre militaires et populistes) reprit, et ne s’acheva qu’à partir de 1957. La dictature des Duvalier fut responsable de nombreuses tueries, de massacres d’opposants et de la population civile, tel le massacre de la ville de Jérémie, connu sous le nom de « vêpres Jérémiennes » en 1964. Ils étaient des escadrons de la mort. De nombreux Haïtiens s’exilèrent, notamment aux États-Unis et au Canada. Après avoir fait face à plusieurs coups d’État, son fils Jean-Claude (Baby Doc) fut finalement chassé par une insurrection populaire en 1986.

En effet, après 29 ans d’atrocités et de brutalités militaires de la dictature des Duvalier, le peuple haïtien adopte, à la quasi-unanimité des voix le 29 mars 1987 lors du referendum, la Constitution, loi mère de la nation. Cette Constitution est la base de la république. Elle définit les institutions du gouvernement et les pouvoirs de chaque institution avec leurs prérogatives (exécutive, législative, judiciaire) et elle est au-dessus de toute loi. Cette dernière constitue le fondement même des choses et de toute société. D’un point de vue anthropologique, dès qu’il y a rencontre de deux individus ou d’un groupe d’individus qui, par la suite, constitue une société, ces individus sentent la nécessité de créer des codes de conduite pouvant réglementer les rapports mutuels, capables de limiter chaque membre de la société dans son action et de concilier les intérêts individuels avec les intérêts communs. Dans cette perspective, la prédominance de la loi sur les hommes est un élément indispensable dans l’organisation de toute société.

Les différents codes et lois à travers l’histoire

Certaines recherches archéologiques, anthropologiques ont répertorié dans les archives de l’histoire que les lois existaient plus de 2 000 ans avant Jésus-Christ. Elles ont avancé des exemples très explicatifs pour étayer leurs théories. Parmi ces exemples, citons quelques-uns :

1-Le code de Ur-Nanmu, 2 350 ans avant Jésus-Christ, le plus vieux code juridique de l’histoire qui permettait la révocation des employés corrompus, protégeait les pauvres, et les punitions étaient proportionnelles aux crimes.

2-Le code d’Hammourabi, 1 700 ans avant Jésus-Christ, fut élaboré sous le règne du roi de Babylone. Il est porteur de ce fameux concept « œil pour œil ». Il comptait 282 articles.

3-Les dix (10) commandements, 1 300 ans avant Jésus-Christ, qui demeure une source importante dans l’élaboration des lois modernes.

4-La loi de Manu, 1 280 avant Jésus-Christ, qui régularisait la société hindoue (Inde).

5-La loi Draconienne, 621 ans avant Jésus-Christ, Dracon était un citoyen grec, choisi à l’époque pour écrire un code de conduite pour les Athéniens (Grèce). Ces lois donnent à l’État le monopole exclusif de faire la justice. Les citoyens ne peuvent se faire justice eux-mêmes.

6-Les 12 tables, 450 ans avant Jésus-Christ. On a donné à dix (10) citoyens romains d’écrire des lois pour gouverner Rome. Ils rédigèrent dix (10) lois et plus tard, deux autres furent ajoutées. Elles protégeaient la classe défavorisée (la plèbe) contre les excès et les abus de l’élite (les praticiens).

7-Le code de Napoléon en 1804, un code révolutionnaire qui codifiait les grandes idées de la révolution française telles que : la liberté individuelle, l’égalité devant la loi et l’État de droit. Ce code reste un modèle pour beaucoup de systèmes juridiques dans le monde contemporain comme c’est le cas au Québec, en Californie, en Louisiane, en Allemagne et en Suisse.

L’article 12 de l’accord d’El Rancho, une Conspiration contre la République

Aujourd’hui, les hommes et les femmes politiques, religieux commettent une erreur plus grave que l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, causent une catastrophe plus grave que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Haïti.
C’est une prétention inacceptable de la part de ces hommes en pensant pouvoir outrepasser la loi mère de la République par un simple article qu’ils élaborent dans le cadre d’un « dialogue ». En faisant ce parcours historique, nous avons pu comprendre que les lois sont nécessaires et indispensables à l’organisation et le maintien de l’ordre dans toutes les societies, et celles privées de lois sont comme une maison sans fondation. Dans une société juste, seules les lois permettent aux institutions d’agir pour redresser une situation. Plus près de nous, la Constitution américaine, qui fut signée à Philadelphie en 1784 comptant sept (7) articles qui formèrent la base de cette première république du monde.

Elle définissait les institutions du gouvernement et les pouvoirs de chaque institution avec leurs prérogatives (exécutive, législative, judiciaire) et elle est au-dessus de toute loi, qu’elle soit fédérale ou régionale. Maintenant, quand on voit certains hommes, femmes politiques et religieux se réunir dans un hôtel dans le cadre d’un dialogue politique et prendre une décision qui veut outrepasser les prérogatives que donne la loi mère de la République à chaque institution (exécutive, législative, judiciaire), on ne trouve pas d’autres mots pour qualifier cette attitude que trahison, conspiration contre la république. Ces hommes et ces femmes politiques, religieux conspiraient non seulement contre leur propre patrie, mais aussi contre la démocratie. Ce aux yeux de leurs promoteurs, porteurs et tenants (les Occidentaux).

Les lois sont au cœur du projet démocratique

Dans un cours d’anthropologie politique à l’université, nous avons appris que la démocratie, c’est la dictature des lois. Toute démocratie moderne et institutionnelle repose sur deux piliers subséquents: la loi et les institutions. Le principe veut que la loi soit souveraine; tous sans distinction, gouvernants et gouvernés doivent se plier aux exigences de la loi; c’est elle qui dicte, qui fixe les limites de chaque citoyen, chaque groupe, chaque pouvoir, chaque institution, chaque entité, qu’elle soit étatique ou civile. Quand les individus décident de respecter et d’obéir à la loi, la société devient équilibrée. Les vertus se développent et la société devient prospère et stable.

L’application de la Constitution de 1987 est-elle encore possible en Haïti ?

D’une part, on peut dire qu’il est impensable de penser qu’il est possible que les hommes et les femmes politiques d’aujourd’hui arrivent à mettre en application la Constitution de 1987. Et il y a des arguments pernettant d’étayer cette théorie. Premièrement, la situation socio-économique du pays porte tout un chacun à chercher une porte de sortie en vendant son âme, en changeant d’opinion, d’idéologie comme des sachets d’eau.

Deuxièmement, les hommes et les femmes politiques de nos jours ont un retardement au niveau de l’âge mental. Son contraire, l’âge chronologique, dépasse grandement. On peut avoir 60 ans sur sa carte d’identité et 15 ans d’âge mental. Cela dit, il se peut qu’on soit adulte (50-60-70 ans) et qu’on se comporte comme un enfant. C’est vraiment du n’importe quoi, c’est vraiment fou, c’est vraiment de l’enfantillage de vouloir remettre en question la loi mère de son pays. Sachez que l’histoire se souviendra de son nom et du vôtre.

C’est tout à fait possible

En dépit de tout, il ne faut pas prendre certains des acteurs de nos jours comme prémisse pour rejeter la possibilité pour arriver à appliquer la Constitution de 1987. Il n’y a pas de doute, après l’avoir piétinée pendant 27 ans, les raisons ne seront pas assez convaincantes pour croire dans une éventuelle application. Cependant, Il existe encore dans la société des hommes et des femmes honnêtes, sérieux et compétents capables de bien diriger les institutions de ce pays. Aussi, cette application pourrait être faite par « l’éducation » et « l’établissement d’un climat social adéquat ».

Maintenant, la question est : « Quel type d’éducation faudrait-il pour arriver à cette société ? ». Dans une société comme la nôtre où nous n’avons pas cette tradition, l’éducation demeure l’une des clefs indispensables qui nous permettra d’arriver à la stabilité et la prospérité. Les Haïtiens de toute catégorie, de tout rang social, prolétaires, paysans, élites, les hommes politiques ont besoin d’être éduqués. L’éducation amènera l’individu à devenir meilleur, à avoir de meilleures relations avec les autres, à créer moins de problèmes à l’État en respectant la loi. Aucune nation, aucun peuple ne peut devenir riche et prospère sans l’application et le respect de la loi.

Roberto JEAN BAPTISTE Membre du Conseil Administratif du Parti de la Renaissance Haïtienne (PAREH) E-mail : jeanbaptisteroberto2007@yahoo.fr.

Le Nouvelliste Haiti, http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/129175/Lapplication-de-la-Constitution-de-1987-est-elle-encore-possible-en-Haiti.html

Slideshow
1
183 views
 
2
238 views
 
3
192 views
 
4
182 views
 
5
181 views
 
6
174 views
 
7
170 views
 
8
200 views
 
9
183 views
 
10
176 views
 
11
162 views
 
12
152 views
 
13
155 views
 
14
158 views
 
Jean Henry Céant, Esq
15
Jean Henry Céant, Esq
170 views
 
16
153 views
 
Jean Henry Céant, Esq
17
Jean Henry Céant, Esq
156 views
 
18
180 views
 
Jean Henry Céant, Esq
19
Jean Henry Céant, Esq
164 views
 
20
167 views
 
Dr P. Austin & Magguy Austin, Esq
21
Dr P. Austin & Magguy Austin, Esq
165 views
 
22
177 views
 
Mr & ms Turnier
23
Mr & ms Turnier
177 views
 
24
152 views