Home > PIKLIZ ARCHIVES > DISCOVER, MIAMI. > 2008 DISCOVER MIAMI > President Préval @ the Conference of the Ame…

President Préval @ the Conference of the Americas.

Photos by Rachel Moscoso Denis.

The Conference was held @ the Biltmore Hotel, Coral Gables, Miami Florida.

AMERICAS CONFERENCE
The 12th Annual Americas Conference by
The Miami Herald

New Leadership-New Focus:
Good Governance and Economic Development
in the Hemisphere
Biltmore Hotel, October 1-3, 2008

Allocution de Son Excellence, Monsieur René Préval,
Président de la République d’Haïti


A) Propos d’introduction par Monsieur Anders Gyllenhaal, Editeur Exécutif du Miami Herald

When Haiti President René Préval left office at the end of his first term in 2001, historians noted his achievement this way: He had done what no other president in modern Haitian history had: finished his full term, left the National Palace and peacefully transferred power.

Five years later, when he reluctantly agreed to end his solitude in the Haitian countryside and seek a second presidential term, supporters saw it as chance to expand on his historical record by helping Haiti re-write its 200-year history: from a nation troubled by coups and political turmoil, to one of reconstruction.

In a Miami Herald interview, soon after his February 2006 presidential victory in which he beat out more than 30 other candidates, Préval summed up his mission as simply bringing improvement to people's lives.

The simplicity of the statement, also describes the man - quiet, no-frills, determined.

Born in Haiti in 1943, Mr. Préval attended school in Belgium, studied agronomy and lived in New York and Europe before returning to Haiti in the last 70s, going into the bakery business, diving into community projects and then becoming involved in politics, first in grassroots movements, then of course as Prime Minister and finally winning election the first time in 1995 and the second time - lured back into politics from his work in the community - in 2006.

Among his many initiatives have been launching vast programs of economic and institutional reforms including an aggressive land reform in the Haitian countryside. During his second term, President Préval formed a coalition government, restored security in Haiti and political discourse to Haiti, confronted violent gangs and locked up the leaders. And he began to lay foundation for growth and sustained job creation, while constructing new roads.

This year, all of that progress was tested. First, this spring, with the deadly riots over global food prices, and then the succession of storms that left a path of destruction through the country. Few modern-day presidents have had to deal with such enormous challenges.

We are privileged and delighted to hear from a remarkable statesman, one of the hemisphere's most resilient leaders, someone with much to teach us.

Mr. President …
______________________________________
B) Allocution de Son Excellence le Président René Préval

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Représentants de la Presse,
Mesdames et Messieurs les Représentants du secteur des affaires et de la société civile,
Distingués Invités,
Mesdames, Messieurs,

C’est un honneur pour moi de participer à cette douzième édition de la Conférence des Amériques organisée par le Miami Herald. Je remercie le Président Landsberg de m’avoir offert l’opportunité de m’associer aux échanges de cette année, centrés autour du thème : New Leadership-New Focus:Good Governance and Economic Development in the Hemisphere

Le choix de ce thème est bien en ligne avec la problématique générale de la bonne gouvernance et du développement économique dans notre région, qui a toujours été présente dans les conférences antérieures.

La semaine dernière, à la 63ème Assemblée générale des Nations Unies, à New York, j’ai écouté avec beaucoup d’attention l’état des lieux sur la situation du monde présenté par le Secrétaire général, ainsi que les propos d’introduction du Président de l’Assemblée.
J’ai également prêté attention aux discours d’un grand nombre de chefs d’Etat, tant de notre région que du reste du monde, pour voir comment les dirigeants de notre planète perçoivent le monde aujourd’hui et la place qu’y occupe leur pays ou leur région.

Tous ces discours ont été dominés par les trois grandes crises auxquelles fait face actuellement l’humanité : la crise financière, la crise énergétique et la crise alimentaire.
Le changement climatique et surtout la menace que celui-ci pose pour la survie de notre espèce ont été également la source de très grandes préoccupations pour les dirigeants du monde.
Je constate aujourd’hui que ce même ensemble de préoccupations, par delà d’autres questions spécifiques à notre région (comme la sécurité et les mouvements d’intégration économique) continuent d’être très présentes dans les échanges de la Conférence des Amériques.
Comment en effet les éviter lorsqu’il s’agit justement d’aborder le thème de la bonne gouvernance et du développement économique dans notre région ?

Comment peut-on envisager un quelconque développement alors que les crises que j’ai évoquées plus haut constituent un frein direct et brutal à tout effort de croissance?

Comment éviter que ces crises n’aggravent la situation des pauvres et ne basculent dans la pauvreté des familles qui pouvaient, tant bien que mal, s’octroyer une vie décente ? Comment maintenir les fragiles consensus au sein de pays ou de régions assujetties à de fortes tensions et à des menaces de conflits armés? Comment mobiliser les ressources pour bâtir les infrastructures, éduquer les enfants, généraliser des soins de santé adéquats, donner un large accès à des logements décents, réduire le chômage des jeunes, etc. ?

Comment, en peu de mots, faire que le bonheur de nos citoyens, raison d’être, en somme, de toute bonne gouvernance, soit au centre de l’action publique ?

Ces défis prennent un relief tout particulier lorsqu’ils ne sont pas laissés aux seuls dirigeants des Etats, mais qu’ils interpellent en même temps, dans un même lieu, comme le fait cette Conférence sur les Amériques, les responsables d’entreprises et les représentants des medias.
Pourquoi la rencontre de ces trois acteurs -- les chefs d’entreprise, les journalistes et les hommes politiques -- me parait-elle un acte important, dans cette Conférence ?

D’abord, parce que vous chefs d’entreprise, vous avez une part considérable dans la mise en valeur des potentiels que recèle l’humanité, en étant le moteur de la création des richesses dans le monde.

Parce que l’exigence de rentabilité vous motive à toujours innover, à inventer des réponses aux besoins des humains, à éviter le gaspillage, à gérer avec discernement et efficacité, et donc à offrir aux dirigeants politiques des modèles pertinents de bonne gouvernance.
Mais aussi, parce que vous chefs d’entreprise, vous pouvez aussi, si votre seul horizon est celui du profit à court terme, produire contre l’humanité, en polluant notre planète et en mettant en danger toutes ses espèces, en commençant par vous-même.

Parce que vous aussi, chefs d’entreprise, vous êtes partie prenante de l’action politique, d’une certaine manière, dans votre capacité d’influencer les politiques publiques dans un sens favorable à vos intérêts corporatistes ou selon l’intérêt de la société en général.
Mesdames et Messieurs les journalistes, pourquoi vous interpeller aussi ?

Bien évidemment, parce que vous êtes ce quatrième pouvoir qu’aucune constitution ne décrit explicitement comme tel.
Pourtant vous n’avez pas été élu, ni nommé par aucun des autres pouvoirs organisés de l’Etat. Mais quel pouvoir !

Celui de faire connaitre la vérité que les dirigeants politiques et les chefs d’entreprise répugnent souvent à dévoiler au citoyen ordinaire.

Le pouvoir d’éduquer le citoyen, de lui faire comprendre le monde qui bouge autour de lui, mais surtout le pouvoir de lui rappeler que la raison d’être des autres pouvoirs est de travailler, en somme, au bien-être de chaque citoyen.

Mais aussi, Mesdames et Messieurs les journalistes, quelle responsabilité !
Parce que lorsque vous vous trompez, de bonne foi ou de mauvaise foi ; parce que lorsque, au quotidien, le travail que vous faites n’est pas en phase avec la noble mission que la société vous assigne, alors les dégâts que vous causez dans cette société peuvent être simplement exponentiels.

Si, à mon sens, ces crises à dimension planétaire, ou les problèmes plus spécifiques à notre région doivent interpeller les chefs d’entreprises et les leaders d’opinions, quant aux dirigeants politiques ils sont carrément au pied du mur.

Parce qu’ils sont obligés de produire les réponses appropriées à ces problèmes.
C’est pour cela que la société les a placés à cette position.

Monsieur le Président, Vous avez choisi comme principal intervenant à la Conférence des Amériques pour clore ces trois jours d’échanges, le représentant du pays le plus pauvre de notre hémisphère. Celui qui est souvent présenté comme le plus instable, le plus affecté par l’insécurité, le plus ceci, le plus cela…
Vous auriez pu, Monsieur le Président, choisir d’autres voix, représentant des pays ou des organisations plus prospères, des voix qui pourraient, en dépit des crises qui traversent le monde ou notre région, peut-être vous apporter quelques bonnes nouvelles.

En m’invitant ici, vous avez très peu de chance, Monsieur le Président, d’écouter de bonnes nouvelles.

Quatre cyclones en trois semaines qui ont détruit des centaines de vies, privé d’abri des dizaines de milliers de familles, occasionné des millions de dollars de pertes agricoles, endommagé des infrastructures vitales pour notre système de production et causé tant d’autres dégâts encore.

Un grand nombre de sites naturels (plages, grottes, cascades), des sites historiques prestigieux qui étaient des atouts intéressants pour la relance du tourisme ont été détruits ou endommagés.

Ces désastres ont frappé notre pays au moment où il commençait à peine à émerger d’une crise institutionnelle de près de quatre mois pour faire agréer un nouveau Premier ministre, après la destitution du Premier ministre en place par le Sénat, en réaction aux manifestations du mois d’avril contre l’augmentation du coût des produits alimentaires.

Donc, une cascade de crises qui viennent ravir les acquis importants de ce que l’on pourrait appeler une bonne gouvernance et mettre ainsi en péril un processus de reconstruction du pays.
Quels étaient ces acquis ?

D’abord, la stabilité au plan politique, grâce à un gouvernement de très grande ouverture, faisant une place notable à un large spectre de partis politiques. Les élections de 2006 étaient devenues ainsi des élections sans perdants ; et de nombreux partis qui s’opposaient durant la campagne électorale ont vécu, au sein d’une même équipe gouvernementale, l’expérience que rien, au fond, ne les opposait quant aux objectifs à poursuivre dans la lutte contre la pauvreté, dans l’éducation, la santé, l’augmentation de la production nationale, la croissance économique, etc.

Ensuite, au plan de la sécurité : La coopération étroite entre la MINUSTAH et la Police nationale a permis une grande victoire contre l’insécurité. Il n’existe plus dans le pays de groupes armés organisés défiant ouvertement les forces de l’ordre et le droit.

Sur le plan économique, le pays, après des années de croissance négative, commençait à renouer de manière soutenue avec un rythme de croissance positive, grâce à de bonnes politiques macroéconomiques et à une grande discipline au niveau des dépenses publiques. L’inflation était retombée à moins de 10%, après avoir caracolé dans le voisinage de 40% pas plus longtemps qu’en 2003.

Grâce à la loi HOPE adoptée par le Congrès américain en décembre 2006, les investissements dans l’industrie d’assemblage commençaient à reprendre et de nombreux projets d’alliances entre des investisseurs dominicains et haïtiens commençaient à voir le jour. Et avec la loi HOPE II, adopté en juin dernier et offrant à Haïti un accès préférentiel au marché américain encore plus avantageux et de plus longue durée que la HOPE I, on pouvait s’attendre à de nouveaux flux d’investissement privé et à la création de dizaines de milliers de nouveaux emplois.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Les conséquences de ces désastres naturels signifient pour le pays un recul de plusieurs années. Elles annihilent les résultats accomplis au cours de ces dernières années et compromettent nos chances de développement.
Comme vous le savez, les manifestations de solidarité ne manquent pas.

De la part de nombreux pays amis qui ont apporté très rapidement une aide d’urgence aux populations sinistrées.

De la part des organisations internationales : les Nations-Unies, qui viennent de lancer, à travers son Secrétaire général, un « Flash Appeal » pour la collecte de 108 millions de dollars, ainsi que la plupart des agences internationales, présentes aux côtés des Haïtiens pour mitiger l’impact de ces désastres sur la vie des familles.

De la part de sociétés privées, ou d’organisations de la société civile, qui se sont mobilisées non seulement pour des aides d’urgence, mais aussi pour appuyer la remise en place de certaines infrastructures de base
Ma crainte, comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer dans d’autres forums, est que les premiers mouvements de solidarité épuisés, nous nous retrouvions seuls ou presque, pour faire face à des défis décuplés, alors que nos moyens d’intervention et nos capacités de réponse se sont amoindris.

Voilà pourquoi j’insiste auprès de nos amis de la communauté internationale pour une action structurante d’accompagnement des Haïtiens dans la mise en œuvre d’un plan global de reconstruction du pays. Un plan qui nous permette de rétablir et de renforcer nos infrastructures de base, en particulier celles qui servent de support à la production et sans lesquelles l’investissement privé ne peut pas se développer.

L’Union européenne et la Banque mondiale semblent disposées à nous accompagner dans cette initiative, et je suis persuadé qu’il en sera de même pour nos autres partenaires.
Je note également avec satisfaction la mobilisation que ces événements ont créée de la part des Haïtiens eux-mêmes, tant du secteur privé que dans la société civile. En Haïti même et aussi à l’étranger.

Cette mobilisation, si nous parvenons à la maintenir et à la consolider, sera peut-être notre meilleur atout pour renforcer notre cohésion interne et créer une union stable de tous les Haïtiens, contre la pauvreté, pour la démocratie, pour l’état de droit et le développement durable.
Cependant, il est clair que seuls, nous ne pourrons faire face à tous ces nouveaux défis qui s’ajoutent aux anciens, eux-mêmes déjà de trop grande taille pour nos moyens.

Haïti pourra difficilement continuer à recevoir tous ces déportés que l’Administration américaine nous renvoie régulièrement. Je ne comprends pas pourquoi l’Administration américaine refuse aux Haïtiens le bénéfice du régime de TPS (Temporary Protected Status) qui a déjà été octroyé à d’autres pays de la région comme El Salvador, le Honduras et le Nicaragua, pour les mêmes motifs que ceux que nous évoquons.

J’ai déjà demandé officiellement au Président Bush, de vive voix et par lettre formelle, de reconsidérer la position de son Administration.
Nous ne pourrons pas non plus, avec nos seules ressources propres, éviter que notre pays ne devienne une base d’accueil pour le terrorisme ou qu’il ne continue de servir comme couloir de transit pour la drogue destinée au marché nord-américain. Un tel couloir représente un maillon faible de la chaine de sécurité de notre région.
Il s’agit donc là d’un problème commun, auquel il faut s’attaquer d’une manière solidaire, en impliquant au premier niveau celui de nous qui est le mieux équipé sur les plans logistique, technologique et financier.

Nous ne pourrons pas non plus espérer attirer les investissements nécessaires à notre relance économique si certains indicateurs concernant notre image de pays, produits par certaines agences spécialisées, ne font pas l’objet d’un travail de collecte de l’information plus systématique et plus rigoureux ; un travail de collecte qui prend en compte tous les progrès réalisés sur le terrain, même lorsque ceux-ci pourraient être insuffisamment documentés.
Avec l’aide de plusieurs agences bilatérales et internationales, notre pays a beaucoup progressé dans la lutte contre le narcotrafic, contre la corruption et dans la mise en place de mécanismes de facilitation de l’investissement.
Nous sommes déterminés à approfondir l’effort en cours jusqu’à élimination complète de ces fléaux que je qualifie comme les ennemis du développement. Nous n’avons pas besoin d’être découragés dans nos efforts, par la persistance d’indicateurs qui ne reflètent pas exactement la réalité.

Nous ne pourrons non plus assurer seuls la mise en place des infrastructures de soutien à la production (transport, capacité énergétique, télécommunications) dont notre économie a besoin pour fonctionner.

Dans la situation actuelle qui est celle de mon pays, nous avons besoin du secteur privé plus que jamais.

Nous avons besoin de ses capitaux.
Nous avons besoin de son savoir-faire managérial.
Nous avons besoin de ses transferts technologiques.

C’est la raison pour laquelle je tiens, aujourd’hui, à lancer un appel spécial vers les investisseurs privés, haïtiens et étrangers, pour qu’ils nous accompagnent dans notre effort de reconstruction.

Je n’ai pas d’illusion. Je sais que pour attirer les investisseurs, nous devons mettre à leur disposition des infrastructures fiables et bien gérées. Au niveau du transport maritime et du transport aérien ; au niveau de l’énergie ; dans les télécommunications, dans les espaces industriels. Nous devons aussi réinventer – notre système juridique et notre cadre institutionnel.
Je demande au secteur privé de venir me soutenir dans nos échanges avec les partenaires financiers d’Haïti, tant au niveau multilatéral qu’au niveau bilatéral, pour les sensibiliser sur l’importance stratégique que les infrastructures peuvent avoir dans notre relèvement économique.

Nous avons déjà quelques programmes en cours dans ces secteurs, mais avec l’impact des derniers cyclones, nous sommes loin du compte qui doit mettre notre pays sur la carte en termes de capacité productive, dans une région qui est appelée à être de plus en plus compétitive.
Encore une fois, les Haïtiens sont de rudes travailleurs, qui ont besoin d’avoir en place les conditions pour produire. Je souhaite que les aides qu’on nous apporte nous permettent de créer les conditions pour redevenir de vrais producteurs.

Dans ma vision, la remise en place de nos infrastructures doit certes compter sur la coopération internationale. Mais c’est aussi et surtout une occasion pour mobiliser des capitaux privés, en Haïti et à l’étranger, pour les investissements que ces secteurs requièrent. Et aussi pour la bonne gestion que le maintien de ces infrastructures exige.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Le nouvel occupant de la Maison Blanche, puisque nous parlons aussi ici, des élections américaines, fera face à une communauté latino-américaine et caribéenne désenchantée. Les crises qui frappent le monde aujourd’hui ne sont pas conjoncturelles. Elles sont là pour durer.
Au sein de notre région, les crises de société qui résultent du trafic de la drogue, de la migration non contrôlée, de l’expansion du terrorisme, ne doivent pas non plus échapper à l’attention des dirigeants.

Par conséquent, toutes ces crises doivent être abordées avec un esprit de responsabilité régionale solidaire. Dans l’esprit d’une vraie alliance pour le progrès.

C’est la seule façon de tirer collectivement profit du vaste potentiel de ressources de toutes sortes que recèle notre continent et de garantir des jours meilleurs à notre postérité.

Haïti est prêt à apporter sa contribution, aussi modeste soit-elle, au projet d’une Amérique prospère, équitable, généreuse, à l’abri de l’insécurité, respectée et admirée dans le monde.

Je vous remercie.

René Préval, Président.

Slideshow
Mr Valbrun, Lucie Tondreau, Dr Angelo Gousse, Jean Robert Lafortune, Marleine Bastien.
1
Mr Valbrun, Lucie Tondreau, Dr Angel…
161 views
 
2
154 views
 
3
141 views
 
4
157 views
 
5
171 views
 
6
168 views
 
Attorney Marlon Hill.
7
Attorney Marlon Hill.
160 views
 
8
146 views
 
9
156 views
 
10
159 views
 
11
124 views
 
Edwidge Danticat and Fedo Boyer.
12
Edwidge Danticat and Fedo Boyer.
433 views
 
Dr Carmel Barrau.
13
Dr Carmel Barrau.
134 views
 
14
139 views
 
Ambassadeur d'Haiti Raymond Joseph in Washington DC.
15
Ambassadeur d'Haiti Raymond Joseph i…
143 views
 
16
113 views
 
17
147 views
 
18
126 views
 
19
107 views
 
20
137 views
 
21
133 views
 
22
107 views
 
23
103 views
 
24
116 views